Un solo pour un effet stéréo

Hi-FI Remplacer les deux baffles de sa chaîne par un seul et en tirer un son supérieur: David Spring a testé leStereolith, cinquième génération de cette invention suisse.

Il y a vingt ans, un chercheur fou de Prangins révolutionnait le monde de la stéréo en inventant le haut-parleur qui n'a pas besoin d'être deux pour exister. Concept audacieux, le Stereolith était né de l'obsession deson inventeur de se rapprocher au mieux des sons naturels, obsession nourrie d'années de recherchesfondamentales sur la physiologie de l'écoute. Aujourd'hui, le Stereolith en est à sa cinquième mue et lancesur le marché son modèle Monitor 232. Un pas de plus dans la même obsession de perfection auditive.

Au premier coup d'oeil, il est permis d'être sceptique. Comment ce petit haut-parleur, posé sur son piedcomme un héron dans un marais, pouvait-il rendre un son acceptable? Tout cela sentait un peu laprovocation.

Comme au premier rang Un petit test s'imposait, et «Tsigane» de Ravel allait faire les frais de l'opération. Lerésultat fut tout à fait étonnant. Le violoniste Frank Zimmermann a littéralement débarqué dans mon salon.J'ai déplacé le Stereolith. Approche biologique de la stéréo, je l'ai caché derrière un meuble, rien à faire:l'impression d'avoir le soliste à côté de soi demeurait. Le haut-parleur a restitué tous les petits sons quirendent la musique vivante, comme les minuscules grattements de l'archet et la respiration de l'interprète -l'équivalent d'un premier rang lors d'un concert. Le mélomane peut aussi se déplacer dans la pièce, et le sonsera de qualité égale partout. Ce qui n'est de loin pas le cas avec une paire de haut-parleurs traditionnels,pour lesquels il faut toujours trouver un emplacement meilleur que les autres pour l'écoute.

Le résultat est moins surprenant si l'on tente l'expérience avec le dernier opus de Radiohead. Certes, lapuissance dégagée suffit largement à déranger les voisins. Et encore, sans ajouter le caisson de bassesproposé en supplément. Mais il faut convenir que le martien unijambiste fonctionne mieux avec de lamusique «unplugged». Et que l'allure de l'appareil est plus que discutable. Pour davantage de discrétion, lepied peut toutefois être enlevé. L'appareil prend alors très peu de place.

Demandez à Walter Schüpbach, son concepteur, de vous parler d'acoustique. Il vous expliquera que sonappareil restitue un authentique son stéréo (qui signifie originellement «son en relief»), contrairement aux hi-fi bourrées d'électronique que nous connaissons tous. Il vous racontera les vingt ans d'histoire de son haut-parleur, et des améliorations qu'il y apporte sans cesse. Cette cinquième génération de son invention présenteune nouveauté: un petit tweeter monophonique posé sur la boîte, qui diffuse uniquement les sons aigus. Laboîte placée dessous contient deux haut-parleurs basses-médiums. Et c'est tout.

Idéologiquement et techniquement à contre-courant, le Stereolith fait toutefois une concession à lamodernité: il peut être branché sur un home cinéma, sur un ordinateur ou un lecteur CD banal.

Stereolith Monitor 232. Prix: Fr. 2370.- Disponible chez Stereolith à Prangins, tél. 022 361 45 33.

CéLIBATAIRE Pas beau, le Stereolith transforme pourtant la musique unplugged.

© Hebdo, L'; 2003-05-28; Seite 96; Nummer 22

Posted on May 15, 2019